Journée Crush

La Manufacture, La Loge, Le TU, Le Théatre Sorano

Journée Crush

Journée de repérages et de rencontres artistiques

Depuis 2022, La Loge à ParisLe TU à NantesLe Théatre Sorano à Toulouse, et La Manufacture à Avignon s’associent pour vous présenter un programme de lectures et de présentations de projets ouverts au public. Un temps fort incontournable de repérages et de rencontres, organisé en partenariat pour mieux accompagner les équipes artistiques. 

 

11:00 - APRÈS LA PAIX VIENT LE PLUS DUR - CLÉA LAIZÉ

De quoi est fait notre héritage de la paix ? Accompagnée au plateau par un choeur d'amateur-ices de toutes générations et entourée d'un dispositif scénique et sonore évolutif, Cléa Laizé fait dialoguer les échanges intimes entre un père et sa fille qui tentent de faire un récit commun des violences passées, avec notre mémoire collective de la paix et son "artisanat" trop peu transmis. C'est au milieu d'un terrain miné que s'inventent alors des cérémonies imaginaires et syncrétiques de pacification, celles qui nous ont manquées et celles dont nous allons avoir besoin.

11:30 - VA PAVER LA MER - CIE Nachepa

Va Paver la mer est une expression arabe qui signifie confier à quelqu'un une tâche impossible
— comme paver la mer.
L'impossible dont il est question ici n'est pas d'instaurer la paix ou de résoudre le "conflit", mais l'acte de changer l'opinion de quelqu'un, de transformer une conviction ancrée depuis l'enfance.

Va Paver la Mer est une pièce documentaire où un Palestinien de Jaffa et un Israélien de Jérusalem, tous deux exilés à Paris, portent leurs propres parcours de désillusion politique. Sur scène, ils prêtent leur corps aux voix enregistrées de leurs proches — qui parlent d'eux, sur eux, sans eux. Tout au long du spectacle, ils tentent de construire une maison — geste concret, espoir fragile qui peine à tenir. Entre ces portraits en synchronisation labiale, cette construction obstinée et un karaoké de comptines nationalistes, le spectacle explore ce que signifie accepter une vérité qui détruit tout — et le prix de cette lucidité.
Pour le dernier chapitre, comme un miroir tendu au public français, entre la voix de l'historien Nicolas Morzelle, interprétée par Louve Reiniche-
Larroche — une façon d'interroger nos propres narratifs, nos responsabilités, et les liens entre la France et le Moyen-Orient.
Un travail pour celles et ceux qui ont traversé un réveil, et qui ne peuvent plus revenir en arrière.

Ramener l'humain au coeur du propos, dans ces temps très échauffés et prompts aux conflits, aux affrontements. Proposer une autre forme de manifeste politique, par l'intime — sans adoucir la vérité.
Ce que ça coûte de voir vraiment, de changer vraiment...
Des témoignages de Michaël, Saud et de leurs proches émerge le visage humain d'un sujet qui divise et embrase le débat public.
Leur parole recueillie pointe la difficile tâche d'être pleinement libéré des aveuglements, de la puissance des narratifs dans lesquels nous grandissons et ce qu'implique une profonde remise en question. Une libération douloureuse.
Quels parallèles personnels pourrions-nous faire ? Sur quels mensonges nous construisons-nous ? Au dépend de qui ? Et qu'est-ce que cela coûte de lever le voile du mensonge ?
Questionner nos propres narratifs et nos récits fondateurs. En quoi ont-ils façonné nos pensées ? Comment reconnaître nos racismes, nos a priori, notre vision supérieure ? Quelles seraient nos nouvelles perspectives si nous nous en libérions ?

12:00 - FOLIES FURIEUSES - les palpitantes - Mélissa Zehner

Folies furieuses est une ode aux furies, aux hystériques, aux fracassé.es en tout genre ; aux femmes qui ont pris des coups dans la tronche, d’autres qui héritent de plaies ouvertes, d’un rapport au monde biaisé par des années d’entraînement au patriarcat.
C’est dans une fiction rocambolesque, qui vacille parfois vers l’absurde, avec sa palette de personnages hauts en couleur dont une mariée en cavale, une beatboxeuse amoureuse, et autres spécimens que l’autrice féministe Mélissa Zehner continue sa quête d’une écriture consolatrice, en déposant des mots sur des actes de silenciation.
C’est à travers les parcours de personnages aux histoires chaotiques, pour certaines abonnées aux séjours psychiatriques, que les Palpitantes tentent de comprendre l’impact des violences intrafamiliales sur nos corps et nos psychées. Comment la société prend-elle en charge les souffrances psychiques causées par des traumas et les traite-t-elle ? Et puis plus largement, que faire de nos colères ?

14:15 - J'ABANDONNE AVEC JOIE - GROUPE SCALPEL

En voulant créer un spectacle sur la vie, nous nous sommes rendus que nous avions toustes un jour eu envie de mourir.
Si nous sommes là, c’est que nous ne l’avons pas fait.
La dernière fois que nous nous sommes posés très concrètement la question du suicide, nous avons choisi de prélever sur nous un morceau de chair et différents fluides qui eux, feraient l’expérience de la mort, pendant que nous continuerions de faire l’expérience de la vie.
En faisant ce choix, nous avons ouvert deux univers possibles : l’un où nous étions vivant·es, et l’autre où nous étions mort·es. Ces prélèvements de nous-mêmes sont un extrait de l’univers parallèle dans lequel nous sommes mort·es.
Dans ce spectacle où nous avons choisi d’étudier la vie, et donc la frontière avec la non-vie, nous menons diverses expériences concrètes pour mieux comprendre ces liens.

14:45 - PHANTASIA - Jean Lepeltier

Phantasia est donc un seul en scène où on découvre un personnage qui se présente comme mage et qui prétend avoir voyagé 200 ans dans le futur.
Il nous rapporte du futur un tas d'informations. Notamment, le fait que les gens dans deux siècles nous appellent les gros débiles de l'an 2000.
Ils nous appellent les gros débiles de l'an 2000 parce qu'ils ont une lecture de notre époque qui ressemble un peu aux aprioris péjoratifs que nous pouvons avoir sur le Moyen Âge.
Comme par exemple, le fait qu’aujourd’hui on peut regarder avec de la condescendance une explication du fonctionnement de notre corps comme celle de Descartes qui imagine que le cerveau produirait des "esprits animaux », des sortes de fluides, qui circuleraient dans les nerfs comme dans des tubes, et qui feraient le lien entre nôtre âme et notre corps.
On trouve ça un peu léger.
Alors qu’on sait très bien, nous, que les signaux qui animent nos nerfs, nos muscles et notre cerveau, ce sont des signaux électriques, pas des esprits animaux.
Ils se moquent aussi du fait que pour nous, c’est la chaleur du soleil qui nous réchauffe la peau, omettant complètement que la chaleur ne peut pas voyager dans le vide de l’espace et que ce sont les photons de lumières qui nous donnent cette sensation de chaud.
Ils disent aussi quʼon a une lecture très fragmentée, catégorisante et déterminante de la réalité. Ils pensent quʼon fait un peu les malins mais quʼau fond on a un niveau de maternelle et quʼon pense le monde comme dans un imagier qui fait correspondre un mot, une chose et un dessin. Comme un chien/un chien, une poule/une poule. Et quʼon a du mal avec les enchevêtrements, les changements d'échelles et les fluidités.
Donc ce mage revient de ce temps futur, très affecté notamment par toutes ces railleries quʼon a pu lui faire mais pas seulement.
Il faut préciser quʼil est un peu sensible et pleure très facilement. Ce qui le rend très attachant et en même temps un peu agaçant.
Tout au long du spectacle il va faire la démonstration – en étant manifestement le plus naïf dʼentre nous – des limites de notre compréhension de la complexité du monde.

15:30 - LA MENTALE - CIE BICHE PROD - Soriba Dabo

La Mentale est un projet scénique hybride qui interroge la notion d'appartenance, de transmission et de solidarité dans les quartiers populaires français. À travers un dispositif mêlant jeu physique, vidéo immersive et création sonore, ce spectacle dévoile les codes, les valeurs et la mémoire collective d'une culture où la débrouillardise, la loyauté et les liens humains sont primordiaux.
En déconstruisant les stéréotypes souvent attachés aux quartiers périphériques, La
Mentale pose un regard à la fois sensible et puissant sur ce qui fait communauté aujourd'hui, sur les rituels invisibles qui structurent les relations sociales et sur la richesse d'une identité culturelle en constante évolution.
Le projet puise dans l'expérience personnelle de Soriba Dabo, artiste issu du quartier Bellevue à Nantes, tout en élargissant la réflexion à une dimension universelle sur l'appartenance et la construction identitaire.

16:00 - QUI POUR PROTÉGER LES MONSTRES DES CAUCHEMARS ? - MÉLO LAURET

Du plus loin que Mélo Lauret se souvienne, sa folie habite la maison de l’amour. Qui pour protéger les monstres des cauchemars ? est un presque seul-en-scène qui explore comment le trauma et le trouble psy colonisent l’espace amoureux.

Depuis ses 8 ans, Mélo Lauret enchaîne les rendez-vous avec psychologues, psychiatres et toute personne pouvant offrir une réponse à sa détresse. En 2024, il est diagnostiqué du trouble de la personnalité borderline. Un diagnostic incomplet, mais qui le mène vers la thérapie comportementale dialectique (TCD), créée par Marsha Linehan dans les années 90, pour « avoir une vie qui vaut la peine d’être vécue ». Mélo Lauret transforme la scène en un véritable laboratoire d’entraînement aux compétences de TCD, en exposant sa plus grande blessure : l’amour. Accompagné d’archives, d’entretiens audios et de notes de sa psychiatre, il donne à entendre l’indicible et fait sortir les monstres des placards pour peut-être, le temps d’une soirée, leur offrir un peu de tendresse.

16:45 - CHANGER LA VIE - cie AU POINT DU SOIR - Clément Pascaud

Pourquoi s’engager encore en politique en 2026, quand on a moins de 30 ans ?

Après avoir interviewé plus d’une quarantaine de responsables politiques : ancien ministre, député.es,
sénateur.ices, élu.es locaux… Clément Pascaud, metteur en scène, et Maëlle Puéchoultres, autrice, présentent dans cette création une fiction documentée autour du parcours de trois jeunes élu.es,
pris.es dans les enjeux de la vie politique d’aujourd’hui :
Une jeune maire se prépare à son premier discours devant le conseil municipal. Peu rompue à l’exercice, elle fait face aux attaques d’une opposition virulente qui ne voit pas d’un bon oeil sa victoire électorale dans cette commune rurale.
Entre problématiques territoriales et projections nationales, urgences écologiques et idéologiques, la communication des réseaux sociaux et rodage des éléments de langage trouvés par IA, la lutte pour le bon mot devient une lutte pour des idéaux aux conséquences très concrètes, une remise à plat des raisons de s’engager dans l’action publique : peut-on, encore, changer la vie par la politique ?

17:15 - INOUBLIABLE - Louise Belmas

J’ai peur qu’on m’oublie. Que rien de moi ne subsiste.
Or, c’est prouvé, on passe (beaucoup) plus de temps mort que vivant.

Si, faute de l’utiliser, nous étions en train de perdre notre mémoire ?
Pourrions-nous nous en rendre compte, puisque justement nous l’avons entièrement déléguée à des centres de stockage externe ?
Seul un terrible accident numérique pourrait (peut-être) nous rappeler que nous avons oublié de nous souvenir.
Malheureusement, ce genre de catastrophes n’arrive jamais.

Inoubliable est un seule en scène auto-science-fictionnel performatif et musical qui aborde avec détente et légèreté la mort, les contours de l’univers, ma grand-mère, les chansons de geste du Moyen-Âge, le rap et ce qu’il restera après nous quand plus personne ne sera capable de se souvenir de rien.
Une modeste tentative de s’affranchir temporairement de notre insupportable angoisse de la fin. Même si bon.

19:00 - HANDLE WITH CARE - ONTROEREND GOED

Handle with Care, c'est du théâtre dans une boîte. Ici, pas d’acteurs ni de moyens techniques. Uniquement une boîte. Et vous.

Le théâtre reçoit une boîte.
Les instructions sont claires :
Réunissez un groupe d’individus, à une certaine date, à une certaine heure.
Demandez au public de s’asseoir. Placez la boîte au centre de la scène.
Le public attend. Puis un membre du public se lève et ouvre la boîte.
Le spectacle a commencé.

Dans Handle with Care, Ontroerend Goed vous cède le contrôle total. Nous fournissons la structure, vous le contenu. À vous de choisir comment participer, que ce soit en prenant les devants ou en observant les autres prendre des décisions qui lancent le spectacle dans des directions inattendues.


Et ne vous inquiétez pas : il n’y a pas de mauvais choix dans Handle with Care. Vous le ferez de toute façon très bien. Pendant une heure, vous allez vivre une expérience exceptionnelle, unique, impossible à reproduire. Ici. Maintenant. Ensemble. Personne ne vous épie. Ce qui est à vous, reste entre vous. Prenez-en bien soin.

Événement

De 09:30 à 22:30

jeudi 9 juillet


L'Intra Itinéraire /


Tarif unique : 8€

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